Bouba Sampil : La Descente d’un Piédestal Illusoire dans le football guinéen

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Après des mois d’un silence assourdissant, auréolé d’une victoire électorale qui semblait le draper d’une infaillibilité contestée, Bouba Sampil, enfin, brise le mutisme. Son passage sur les ondes de la RTG, dans l’émission “SPORT débat” du samedi, marque une inflexion, une reconnaissance tardive des turbulences qui secouent le football guinéen depuis son intronisation à la tête de la Féguifoot, il y a plus d’un an.

Élu dans le tumulte d’une crise profonde, le président Sampil s’est enfin livré, confronté au bilan morose des équipes nationales sous sa houlette. Ses paroles, empreintes d’une lucidité nouvelle, sonnent comme un aveu : « Nous avons pris ces équipes nationales avec un projet. On a hérité d’un projet qui était en place… Mais à un moment donné, je me suis rendu compte, personnellement, que c’est un projet qui a atteint ses limites. Aujourd’hui, pour relancer le football, il faut être honnête avec soi-même. Et, il faut qu’on parte sur de nouvelles bases. C’est difficile de le dire, mais il faut un nouveau projet. »

Cette confession, aussi tardive soit-elle, dénote une prise de conscience de l’impasse. L’orgueil, cette carapace longtemps exhibée, semble s’être fissuré sous le poids des contre-performances et du murmure grandissant de la désillusion. « Si nous n’avons pas de nouveau projet, on aura du mal. Et, nous avons un problème d’infrastructures qu’on est en train de résoudre avec le ministre », concède-t-il, reconnaissant des failles structurelles longtemps ignorées.

Le souvenir de cette qualification arrachée de justesse contre le Malawi, à domicile, hante ses propos, comme un spectre des fragilités passées.

Dans une démarche qui se veut rassembleuse, l’ancien patron des Kaloumistes esquisse une nouvelle feuille de route. « Ce nouveau projet dont il s’agit, je dois aussi prendre mon bâton de pèlerin, tendre la main à tout le monde, aller rencontrer les grands mécènes du football guinéen : KPC, Antonio, Mathurin. » Cette main tendue, longtemps restée invisible, symbolise une tentative de cicatrisation des divisions qui ont miné le football guinéen.

 L’ombre des « fans clubs » et des alliances médiatiques toxiques plane encore, mais Sampil appelle à une unité sacrée : « Si on s’entend, qu’il n’y ait pas de division comme avant… Si tout le monde se met au travail, on va s’en sortir. Et, il faut qu’on se donne la main, c’est la seule solution. »

Ces paroles, bien que tardives, portent en elles un écho d’espoir fragile. La descente de Bouba Sampil de son piédestal, si elle est sincère et suivie d’actions concrètes, pourrait marquer un tournant. Reste à savoir si cette main tendue sera saisie et si l’unité prônée ne restera pas un vœu pieux face aux cicatrices profondes d’une crise qui n’a que trop duré. Le football guinéen, assoiffé de succès et lassé des querelles intestines, attend désormais des actes, bien au-delà des mots enfin prononcés.

Aly Badara Akila !

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