Du jamais vu. L’édifice du football guinéen tangue dangereusement, et le séisme dépasse l’entendement des plus hautes sphères de l’État. Incapable de juguler les dissensions intestines qui minent la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT), le ministre des Sports, Keamou Bogola Baba, lui-même figure influente susceptible d’apaiser les esprits, a jeté l’éponge. Dans une missive dont notre rédaction a obtenu copie, il implore désormais l’arbitrage de la FIFA face à cette crise paralysante. L’appel vibrant à une mission d’urgence de l’instance internationale avant la prochaine assemblée générale de la FEGUIFOOT sonne comme un aveu d’échec retentissant pour le gouvernement.
Un silence assourdissant s’impose face à cette capitulation. Comment un ministre, censé incarner l’autorité et la résolution des conflits au sein de sa propre nation, se retrouve-t-il contraint de quémander l’aide extérieure pour rétablir l’ordre dans sa fédération de football ? Ironie du sort, ce même ministre, allié à Bouba Sampil, n’a cessé de bercer les Guinéens d’illusions quant à une qualification improbable du Syli National pour la CAN 2025 au Maroc, allant même jusqu’à spéculer sur une exclusion hypothétique de la Tanzanie, qui, ironiquement, connaît déjà son futur adversaire dans la compétition. La désillusion n’en est que plus amère.