
La patience a ses limites, même pour les plus fidèles lieutenants. Usé par ce qu’il perçoit comme la pénurie post-pouvoir d’Alpha Condé, M’Bany Sangaré, autrefois figure de proue de la jeunesse du RPG-Arc-en-ciel, a finalement cédé aux chants sirènes du régime du Général Mamadi Doumbouya. L’hémorragie continue au sein du parti déchu du 5 septembre 2021, et cette transhumance, officialisée ce mercredi 9 avril lors d’une réunion pro-CNRD, sonne comme un nouvel aveu de désenchantement.
L’ancien directeur du Conseil Guinéen des Chargeurs, rompant avec un passé où il gravissait les échelons du pouvoir condéiste, a fait allégeance avec une emphase notable. « La volonté de tous les citoyens guinéens qui partagent nos idéaux, c’est de soutenir notre président, le Général Mamadi Doumbouya », a-t-il déclaré, abandonnant sans ambages la “galère” qu’incarne désormais, à ses yeux, son ancienne famille politique. L’appel vibrant à la promotion des “immenses efforts” et des “réalisations concrètes” du CNRD auprès du peuple à la base trahit une conversion aussi soudaine que stratégique.
S’adressant aux leaders politiques présents, Sangaré, avec un zèle de nouveau converti, a insisté sur leur rôle d’émissaires du régime militaire : « C’est vous qui gérez le peuple de Guinée. C’est vous qui avez la population à votre portée. Organisez-vous pour leur expliquer les immenses efforts, les réalisations concrètes que le CNRD est en train d’accomplir pour notre pays ». Ces paroles, empreintes d’une ferveur nouvelle, contrastent violemment avec le silence qu’il aurait pu observer face aux difficultés rencontrées par son ancien parti.
L’appel final, un plaidoyer sans équivoque pour le maintien du Général Doumbouya à la tête du pays afin qu’il « poursuive le développement de notre nation », scelle définitivement le divorce avec le RPG-Arc-en-ciel. Pour M’Bany Sangaré, la “mangeoire” du CNRD semble offrir une perspective plus alléchante que les souvenirs, peut-être amers, d’un pouvoir révolu. Cette trajectoire individuelle, symptomatique d’un paysage politique guinéen en constante recomposition, soulève une question lancinante : à quel prix se monnaye l’abandon d’une “galère” pour la promesse d’une nouvelle “abondance” ? Seul l’avenir apportera la réponse à cette énigme.
Aly Badara Akila !