Hier dimanche, lors de l’Assemblée Générale de Lafidy Fouti, l’ancien ministre de la Communication, Alhousseine Makanera, a livré une sortie médiatique particulièrement remarquée. Fidèle à son style direct, il n’a pas hésité à se lancer dans une comparaison audacieuse avec la classe politique guinéenne, tout en revenant sur l’un de ses concepts favoris : « la bouche comme une plantation », alors qu’il répondait aux questions du journaliste Aly Badara Akila.
« Il n’y a aucun politicien guinéen qui peut se comparer à moi. Et sur le plan de la constance, et sur le plan de la lutte menée pour l’instauration de la démocratie. Celui qui n’est pas d’accord, je l’invite face à face », a-t-il affirmé devant un public attentif.
Une déclaration qui surprend, surtout venant de celui qui, par le passé, avait reconnu lui-même son caractère changeant en politique. Plusieurs observateurs se souviennent de ses revirements notables dans ses alliances, ses positions et ses discours, souvent motivés par des circonstances politiques fluctuantes.
Mais fidèle à une image qu’il cultive depuis des années, Makanera a récidivé avec une autre sortie pour le moins originale : « Une plantation, ce n’est pas se nourrir seulement, c’est nourrir la société. Ma bouche est une plantation, pas pour moi seul. Tous les politiques, leurs bouches sont leurs plantations. »
Selon lui, le rôle du politicien ne se limite pas à parler, mais à proposer des idées porteuses pour l’avenir du pays.
« Un politique, ce n’est pas un boxeur, ce n’est pas un footballeur, ce n’est pas un mécanicien. Mais qu’est-ce qu’un politique ? C’est celui qui participe aux débats politiques, qui propose des alternatives. Une seule phrase d’un politicien peut assurer le développement ou la destruction d’un pays », a-t-il insisté.
Une manière pour lui de rappeler le poids des mots en politique, même si certains y verront une certaine contradiction avec ses prises de position antérieures. Makanera continue ainsi d’entretenir le paradoxe : entre volonté d’être perçu comme un repère de constance, et interventions publiques souvent marquées par des revirements.
Reste à savoir si ces déclarations auront un écho particulier dans le débat politique national, ou si elles s’ajouteront simplement à une longue série de sorties dont lui seul détient le secret.