Dans une déclaration ferme et sans détour, l’avocat Me Almamy a tiré la sonnette d’alarme sur la mise en vente aux enchères de biens immobiliers appartenant à l’ancien ministre de la Défense, Dr. Mohamed Diané, alors même que la procédure judiciaire le concernant est toujours en cours. Selon lui, cette démarche précipitée constitue une entorse grave aux principes fondamentaux de l’État de droit.
« Quand la justice précède le droit, l’insécurité juridique guette », avertit Me Almamy. Pour l’avocat, il est inconcevable que des biens litigieux soient cédés avant toute décision définitive de la justice, surtout dans un contexte où des tiers se présentent devant les juridictions compétentes en revendiquant leur propriété, documents officiels à l’appui.
Cette vente, estime-t-il, est non seulement une fuite en avant, mais aussi un facteur de déstabilisation juridique pour les potentiels acquéreurs. En effet, toute personne se portant acquéreur de ces biens s’expose à des contentieux futurs, alors que ceux-ci auraient pu être évités en respectant les délais et procédures judiciaires.
Me Almamy rappelle que le droit de propriété, la présomption d’innocence et le respect strict des procédures ne sont pas de simples formalités, mais des piliers fondamentaux sur lesquels repose toute société démocratique. Il appelle ainsi les autorités à faire preuve de retenue et à laisser la justice suivre son cours naturel, sans pression ni précipitation.
Cette sortie de Me Almamy relance le débat sur la gestion des biens saisis dans les affaires judiciaires impliquant d’anciens hauts responsables de l’État. Elle interpelle sur la nécessité d’un équilibre entre la lutte contre l’impunité et le respect des garanties procédurales, essentielles à la crédibilité de l’appareil judiciaire et à la protection des droits des citoyens.