Détournement présumé d’or à Conakry : un audio relance la controverse

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L’affaire des tonnes d’or disparues à Conakry, déjà au cœur de plusieurs enquêtes journalistiques, notamment celles menées par Babila et Latif, connaît un nouveau rebondissement. Un audio attribué à Tidiane Koïta, non authentifié à ce stade, fait surface et vient raviver les tensions autour de ce dossier complexe et sensible.

Dans cet enregistrement, largement partagé sur les réseaux sociaux, un homme — présenté comme Tidiane Koïta — évoque des sommes colossales : 28 millions de dollars, issus d’un montage financier lié à des tonnes d’or prétendument volatilisées. Il y est question de répartitions d’argent, de partage d’intérêts, d’un arrangement à l’amiable et de noms évoqués en filigrane, dont celui d’un certain “Karamoko”, présenté comme gouverneur de la Banque, ainsi que d’un “grand frère du patron”, sans que leur identité réelle ne soit précisée.

« On a commencé par la conférence, on va terminer par la conférence », entend-on dans le passage. « Si vous ne voulez pas céder, moi je cède. Mon 0,5 plus votre 0,5, ça fait 1 dollar. » Des propos qui laissent entendre des discussions en coulisses autour d’un partage de gains issus d’opérations non clarifiées sur de l’or d’État.

À ce jour, aucune instance judiciaire ou gouvernementale n’a confirmé ou infirmé l’authenticité de cet enregistrement. De même, les personnes citées n’ont pas encore réagi publiquement. En l’absence de vérification formelle, cet audio est pris avec toute la prudence requise. Mais son contenu soulève des interrogations sérieuses, tant sur le plan moral que légal.

Ce développement survient dans un contexte où certains acteurs du pouvoir ont récemment mis en doute la véracité de certaines enquêtes journalistiques sur les circuits de l’or en Guinée. Pourtant, le sujet reste d’un intérêt public majeur, tant les enjeux financiers sont énormes et les mécanismes souvent opaques.

La presse, dans son rôle de veille, met ici en lumière un élément d’intérêt journalistique, sans tirer de conclusions hâtives. Il appartient désormais aux autorités compétentes de se saisir du dossier, si elles jugent utile d’enquêter sur ces révélations, dans le respect du droit et de la présomption d’innocence.

Affaire à suivre…