La poussière rouge danse dans le sillage de notre pick-up cahotant sur la piste latéritique. Après des heures de trajet depuis la capitale Conakry, puis de sinueuses routes de terre à travers une végétation luxuriante mais parsemée de signes de précarité, nous atteignons enfin Koyamah. Notre objectif : comprendre de l’intérieur les défis de l’accès aux soins de santé dans cette région reculée de la Guinée. Aujourd’hui, notre regard se porte sur le poste de santé de Zatioula, un nom qui résonne déjà avec les échos de témoignages poignants.
C’est un bâtiment modeste, aux murs blanchis à la chaux mais portant les stigmates du temps et des intempéries, qui se dresse devant nous. L’enseigne, à peine lisible, annonce : “Poste de Santé de Zatioula”. Un sentiment d’appréhension nous envahit alors que nous franchissons le seuil. L’atmosphère est lourde, empreinte d’un manque palpable de ressources.
Aminata, notre guide et interprète locale, nous mène à travers un dédale de pièces sombres et faiblement éclairées. Ici, une table d’auscultation rouillée, là, une étagère poussiéreuse avec quelques flacons épars. Puis, elle nous arrête devant une porte. “C’est ici,” murmure-t-elle avec une tristesse contenue. “La salle d’accouchement.”
La pièce est exiguë, à peine éclairée par un rai de lumière filtrant à travers une fenêtre aux vitres sales. Au centre, notre regard est immédiatement captivé par ce qui est censé être le lit d’accouchement. Une simple structure en bois, visiblement ancienne et fragilisée, supporte une surface hétéroclite faite de planches disjointes recouvertes de morceaux de carton déchiré et maintenus tant bien que mal par du ruban adhésif brunâtre. Des taches sombres maculent le bois, et des lambeaux de papier pendent tristement.
Le choc est palpable. Ce n’est pas le lit stérile et rassurant auquel on pourrait s’attendre dans un lieu dédié à la naissance. Ici, tout respire la précarité, l’improvisation et un manque criant de moyens. On imagine la douleur et l’inquiétude des femmes de Zatioula contraintes de venir au monde dans de telles conditions.








