Alors que la Guinée se rapproche d’un retour à l’ordre constitutionnel, une question majeure agite le débat public : le Général Mamadi Doumbouya, président de la transition, sera-t-il candidat à la prochaine élection présidentielle ? Cette interrogation gagne en intensité, notamment après les déclarations du ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo.
Invité sur France 24, le ministre a ouvertement exprimé son soutien à une potentielle candidature du chef de la junte. Ces propos interviennent malgré l’interdiction formelle inscrite dans la charte de la transition qui stipule que les membres du Conseil National de la Transition (CNT) et le président de la transition ne peuvent pas être candidats aux prochaines élections.
Un Souhait Populaire ?
Ousmane Gaoual Diallo n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la candidature du Général Doumbouya est non seulement souhaitée, mais elle est perçue comme “presque légitime” par une grande partie des Guinéens.
“Au final, la réponse lui reviendra. C’est lui qui décidera”, a déclaré le ministre. Il a ensuite ajouté : “Mais compte tenu du dynamisme qu’il a insufflé dans notre pays, des actions de développement engagées, des actes posés, les Guinéens voient clairement où nous étions et vers quoi nous avançons aujourd’hui. Beaucoup de nos concitoyens souhaitent que le travail entamé se poursuive et s’amplifie.”
Le ministre est allé plus loin dans son plaidoyer, affirmant : “Nous souhaitons, dans ce sens-là, qu’il soit porteur de cet espoir-là. Maintenant, en dernier ressort, c’est lui qui décidera. Mais s’il écoutait la volonté populaire, qui ne cesse de croître, alors oui, le président Doumbouya devrait être candidat.”
L’Espoir d’une Gouvernance Anti-Corruption
Selon Ousmane Gaoual Diallo, le Général Doumbouya incarne un espoir qui “transcende les clivages et s’attaque à des fléaux comme la corruption”, un fléau qui est au cœur de sa gouvernance actuelle. Le ministre a souligné les avancées réalisées en seulement trois ans de transition, présentant ces réalisations comme des arguments en faveur d’une candidature.
Malgré les réserves imposées par la charte de la transition, les déclarations du ministre témoignent d’une tendance de plus en plus marquée au sein des cercles proches du pouvoir : celle de voir le Général Mamadi Doumbouya se présenter à la prochaine élection présidentielle. La question de sa conformité avec la charte de la transition et les réactions de la communauté internationale face à une telle éventualité seront sans aucun doute au centre des débats à venir.