Crise politique en Guinée : l’UFDG saisit la Cour suprême et suspend son congrès national

1142
Conakry, 4 juillet 2025 – Face aux décisions jugées « illégales et arbitraires » du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition dirigé par Cellou Dalein Diallo, a décidé de porter l’affaire devant la Cour suprême. Le parti conteste notamment les injonctions ministérielles notifiées par la lettre n°0834 du 27 juin 2025, qui remettent en cause l’organisation interne du parti et son congrès national extraordinaire prévu le 6 juillet prochain.
Dans un communiqué officiel publié ce jeudi, la Direction Nationale de l’UFDG indique qu’elle privilégie la voie légale pour faire valoir ses droits et défendre les principes de l’État de droit. Elle dénonce des « décisions injustifiées » qui, selon elle, constituent une atteinte grave à la justice, à la liberté d’association, de réunion, et à l’autonomie des partis politiques, pourtant garanties par la Charte de la Transition en vigueur.
« Ces injonctions, qui remettent en cause une décision de justice, constituent une atteinte grave à l’État de droit », peut-on lire dans le document signé par la Direction Nationale. En conséquence, l’UFDG annonce la suspension du congrès national extraordinaire, dans l’attente du verdict de la Cour suprême.
Ce report marque un nouveau tournant dans le bras de fer opposant le parti de Cellou Dalein Diallo aux autorités de la transition, déjà accusées à plusieurs reprises par l’opposition de vouloir restreindre l’espace civique et politique en Guinée.
Dans son appel, l’UFDG invite l’ensemble de ses militants et responsables à rester mobilisés pour défendre « les droits et libertés » du parti, ainsi que les acquis démocratiques « obtenus de haute lutte par le peuple de Guinée ».
Ce développement intervient dans un climat politique tendu, à quelques mois d’échéances électorales très attendues, et alors que plusieurs acteurs nationaux et internationaux appellent à un retour rapide à un ordre constitutionnel apaisé.
Affaire à suivre…