Un an après la disparition de Foniké Menguè et Billo Bah : Jean-Luc Mélenchon dénonce le silence de la France

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Conakry, 9 juillet 2025 – Ce mardi marque une date sombre dans l’histoire récente de la lutte démocratique en Guinée. Il y a exactement un an, Oumar Sylla alias Foniké Menguè, et Alpha Midiaou Bah, connu sous le nom de Billo Bah, deux figures emblématiques du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), ont été enlevés dans des circonstances troubles. Depuis, leur sort reste incertain, et leur disparition continue de soulever une vague d’indignation au sein de l’opinion nationale et internationale.
Dans une prise de parole incisive publiée sur ses réseaux sociaux, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a exprimé son inquiétude face à ce qu’il qualifie de « dictature soutenue par la macronie ». Selon lui, l’enlèvement de Foniké et Billo par le régime guinéen s’inscrit dans une logique de répression brutale des voix dissidentes, une logique à laquelle la diplomatie française reste complaisamment silencieuse.
« Il y a un an en Guinée, Foniké Mengué et Billo Bah, dirigeants du courant démocratique, étaient enlevés par la dictature que soutient la macronie. Pourquoi la France ne travaille-t-elle pas à leur libération ? Pourquoi le silence ? Quels intérêts sont en cause ? », s’interroge Mélenchon dans une publication très partagée sur X (anciennement Twitter).
Cette déclaration relance le débat sur les responsabilités internationales dans les crises politiques africaines, notamment le rôle ambigu que joue la France face aux régimes autoritaires du continent. Pour de nombreux observateurs, l’absence de condamnation ferme de Paris envoie un signal de tolérance envers la répression, ce qui affaiblit le combat des militants pro-démocratie.
Depuis leur disparition, de nombreuses organisations de défense des droits humains, en Guinée comme à l’étranger, n’ont cessé de réclamer des enquêtes indépendantes, la publication de la vérité sur leur sort et leur libération immédiate. En vain. Le silence des autorités guinéennes reste pesant.
Dans les rues de Conakry, des collectifs citoyens ont organisé ce mardi des cérémonies symboliques et des veillées à la mémoire de Foniké et Billo. Pour eux, ce triste anniversaire est l’occasion de rappeler que l’engagement pour la démocratie ne doit pas conduire à la disparition forcée.
Alors que la pression s’intensifie, la sortie de Jean-Luc Mélenchon pourrait bien relancer l’attention médiatique et politique sur ce dossier. Mais une question demeure : jusqu’à quand ce silence complice autour de Foniké et Billo va-t-il durer ?