Conakry, le 14 juillet 2025 — Dans une déclaration conjointe rendue publique ce lundi, les Forces Vives de Guinée (FVG), une coalition regroupant le FNDC, l’ANAD, le RPG, le Forum des Forces Sociales et d’autres organisations, ont exprimé leur vive inquiétude face au projet de Constitution présenté par les autorités de transition. Leur dénonciation porte principalement sur la suppression d’un article clé de la Charte de la Transition, l’article 46, qui interdisait explicitement au président de la transition et aux membres du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) de se présenter aux élections post-transition.
Les FVG voient dans cette suppression une tentative manifeste de Mamadi Doumbouya de briguer un mandat présidentiel à l’issue de la transition, en totale contradiction avec les engagements pris devant le peuple de Guinée et la communauté internationale. Pour ces acteurs politiques et sociaux, cette modification est non seulement une trahison, mais également un dangereux précédent qui pourrait replonger le pays dans une instabilité politique et sociale.
« Ce projet de Constitution n’a pour seul objectif que de satisfaire le désir de Mamadi Doumbouya de se présenter aux prochaines élections », affirme le communiqué, dénonçant un parjure de la part du chef de la junte.
Les FVG rappellent que les articles 46, 55 et 65 de la Charte de la Transition sont sans équivoque : ils interdisent la candidature de tous les responsables de la Transition, y compris Mamadi Doumbouya, aux scrutins devant permettre le retour à l’ordre constitutionnel.
Face à ce qu’elles considèrent comme un coup de force, les FVG rejettent catégoriquement le projet de Constitution actuel. Elles estiment qu’il prive le peuple guinéen de son droit fondamental de choisir librement ses dirigeants et qu’il compromet la paix et la stabilité du pays.
Dans un appel fort au peuple de Guinée, les FVG exhortent les citoyens à rester mobilisés et à s’opposer « avec la plus grande combativité » à ce projet qui, selon elles, viole les principes de la transition, les libertés fondamentales et les engagements internationaux de la Guinée.
Cette déclaration marque un tournant dans la crise politique guinéenne, et laisse présager une intensification des tensions entre la junte au pouvoir et les forces d’opposition à mesure que le pays approche de la fin théorique de la transition.