C’est une image qui alimente les conversations et ravive les suspicions : ce jeudi 17 juillet 2025, le Premier ministre Bah Oury a réuni cinq de ses prédécesseurs autour du projet de nouvelle Constitution. Sur la photo officielle diffusée dans la presse, trônent Lounceny Fall, Mohamed Saïd Fofana, Ahmed Tidiane Souaré, Kabinet Komara et Lamine Sidimé, tous anciens chefs du gouvernement. Mais une absence saute aux yeux : celle du Dr Bernard Goumou.
Son absence n’est pas seulement remarquée, elle interroge. Surtout que, selon des sources proches, l’ancien Premier ministre était bel et bien à Conakry ce jour-là. Pourquoi n’a-t-il pas été convié ? Ou s’il l’a été, pourquoi n’a-t-il pas répondu présent ? Mystère. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas la première fois que Dr Goumou est tenu à l’écart.
Déjà en janvier 2025, lors d’une rencontre similaire organisée à la Primature, il brillait par son absence. Plus troublant encore, en mai dernier, au Palais du Peuple, une scène captée par de nombreuses caméras et témoins avait suscité l’indignation : Bah Oury avait ostensiblement esquivé la main tendue de son prédécesseur, dans un geste lourd de symboles. Depuis, les rumeurs sur une profonde mésentente entre les deux hommes ne cessent d’enfler.
Si l’on peut comprendre l’absence de certains anciens Premiers ministres pour des raisons objectives — Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré vivant en exil, Lansana Kouyaté à l’étranger, et Ibrahima Kassory Fofana toujours détenu —, celle de Bernard Goumou demeure difficile à justifier, voire gênante. D’autant plus que la rencontre se voulait inclusive et solennelle, autour d’un sujet aussi fondamental que la refondation constitutionnelle du pays.
Ce nouvel épisode alimente donc les soupçons d’une exclusion calculée. Bah Oury chercherait-il à effacer son prédécesseur de la mémoire institutionnelle récente ? Une volonté de rupture radicale ou le signe d’une rancune tenace ? En politique, rien n’est jamais fortuit.
Quoi qu’il en soit, dans les couloirs du pouvoir comme dans l’opinion publique, la question reste posée : Bernard Goumou a-t-il été écarté ou tout simplement ignoré ? Le silence de la Primature, pour l’instant, ne fait qu’ajouter au malaise.