Luanda, Angola – La diaspora guinéenne en Angola a fait entendre sa voix, ce dimanche, dans une manifestation sans équivoque contre le projet de nouvelle constitution. Brandissant des pancartes, les manifestants ont exprimé leur rejet catégorique de ce qu’ils perçoivent comme une manœuvre du président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, pour s’accrocher au pouvoir.
Les images de la protestation, relayées sur les réseaux sociaux, montrent des dizaines de Guinéens réunis, le visage déterminé, brandissant des écriteaux sur lesquels on peut lire, en lettres capitales, “NON À LA NOUVELLE CONSTITUTION”. Un message clair qui témoigne d’une opposition farouche aux réformes constitutionnelles proposées par les autorités de Conakry.
Les manifestants accusent ouvertement le Général Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021, de vouloir s’éterniser à la tête de l’État. Ce sentiment d’inquiétude est largement partagé au sein de la diaspora, qui voit dans ce projet de nouvelle constitution un instrument pour contourner les engagements initiaux de la transition et ouvrir la voie à une candidature du chef de la junte aux prochaines élections présidentielles.
Cette mobilisation des Guinéens d’Angola vient s’ajouter à une vague de contestations grandissante, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Elle met en lumière les tensions politiques qui couvent et la méfiance de la population vis-à-vis des intentions réelles des dirigeants actuels. La communauté internationale, déjà attentive à la situation en Guinée, pourrait bien être interpellée par cette nouvelle expression de la société civile, qui met en garde contre une éventuelle dérive autoritaire.
Cette manifestation en terre angolaise est un signal fort envoyé au régime de Conakry. Les Guinéens, où qu’ils soient, restent vigilants et n’hésiteront pas à se dresser contre toute tentative de confisquer le pouvoir. Le bras de fer semble loin d’être terminé et l’avenir politique de la Guinée s’assombrit un peu plus à mesure que les divisions se creusent autour de cette nouvelle constitution, ont indiqué certains manifestants.