Après plusieurs semaines de spéculations et d’incertitudes, des révélations viennent enfin éclairer l’opinion publique sur le sort de figures emblématiques de la société civile guinéenne. Foniké Menguè, Billo Hadjass, Habib Marouane et d’autres militants, dont la disparition inquiétait leurs proches, seraient bel et bien en vie.
C’est Taliby Dabo, ancien cadre du RPG et aujourd’hui fervent soutien du CNRD, qui a donné des indices sur leur situation lors d’une récente intervention publique. Selon lui, ces activistes « vivent bien, mangent bien, se couchent bien et s’habillent bien ». Toutefois, précise-t-il, leur liberté demeure restreinte « pour des raisons de sécurité nationale ».
Cette déclaration vient confirmer, de manière indirecte, que les concernés sont maintenus dans un lieu tenu secret par les autorités. Taliby Dabo justifie cette détention exceptionnelle par la nécessité de préserver la stabilité sociale : « Vous avez vu, depuis que ces personnes ont été gardées au secret, il y a le calme », a-t-il ajouté.
Ces propos, qui suscitent déjà de vifs débats, apparaissent comme un aveu implicite de l’existence de lieux de détention hors du cadre légal. Pour les familles, c’est à la fois un soulagement et une source de frustration : elles savent désormais que leurs proches sont en vie, mais ignorent encore les conditions exactes de leur incarcération et la durée de cette « privation de liberté » justifiée au nom de la sécurité nationale.
Dans un contexte politique tendu, cette révélation relance le débat sur le respect des droits fondamentaux en Guinée et sur la place accordée à l’État de droit face aux impératifs de stabilité.