Jean-Marc Telliano claque la porte : “Je ne vais pas gaspiller 900 millions pour une élection jouée d’avance”

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Conakry, 6 novembre 2025 — Le ton est sec, la phrase bien pesée. Jean-Marc Telliano ne se cache pas derrière les formules. Dans une déclaration qui fait déjà grand bruit, le président du Rassemblement pour le Développement Intégré de la Guinée (RDIG) a annoncé qu’il ne prendra pas part à la prochaine élection nationale. Pour lui, le scrutin est vidé de tout suspense.
“Qui va jeter 900 millions pour une élection dont le vainqueur est connu d’avance ? J’ai une famille, des militants et des sympathisants à soutenir. Nous allons plutôt nous organiser pour restructurer le parti à la base”, lance-t-il, visiblement lassé d’un jeu politique qu’il juge faussé.
Ancien ministre et figure connue du paysage politique guinéen, Telliano ne semble pas vouloir courir après la lumière.
“Je ne suis pas un novice en politique. Je n’ai pas besoin de me faire voir. J’ai déjà une notoriété et une base solide”, insiste-t-il, avant de conclure : “Ceux qui ne sont pas connus peuvent chercher à se faire remarquer, mais moi, je refuse de participer à une compétition où nos frères sont exclus.”
Ces mots résonnent comme un désaveu pour le processus électoral en cours, déjà critiqué par plusieurs partis d’opposition. En décidant de se retirer, Jean-Marc Telliano met en avant une stratégie différente : reconstruire son parti à la base, renforcer ses structures et préparer l’avenir.
Cette posture pourrait bien être une manière de se repositionner politiquement, à distance d’un scrutin qu’il estime perdu d’avance, mais sans pour autant abandonner le terrain. Dans les milieux politiques, certains y voient une décision de lucidité et de pragmatisme, d’autres une manifestation de découragement face à un système verrouillé.
Quoi qu’il en soit, le message est clair : Telliano ne veut pas être le figurant d’une pièce dont le scénario est déjà écrit. Son retrait vient rappeler, une fois encore, combien la confiance entre les acteurs politiques et les institutions électorales reste fragile en Guinée.