Présidentielle en Guinée : verdict final, Doumbouya officiellement élu

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Le suspense aura été de courte durée. Ce dimanche 4 janvier 2026, la Cour suprême a mis un point final au processus électoral entamé le 28 décembre dernier en proclamant les résultats définitifs de l’élection présidentielle. Comme attendu, la haute juridiction a validé les chiffres communiqués par la Direction générale des élections (DGE), consacrant la victoire écrasante du général Mamadi Doumbouya.
Le président de la transition sort grand vainqueur du scrutin avec 86,72 % des suffrages, soit 4 594 263 voix, loin devant l’ensemble de ses adversaires. Son plus proche poursuivant, l’ancien ministre Abdoulaye Yéro Baldé, n’a recueilli que 349 262 voix, représentant 6,59 %. Makalé Camara, unique femme candidate, ferme la marche avec 84 175 voix, soit 1,59 % des suffrages exprimés.
Les données définitives révèlent une mobilisation massive de l’électorat. Sur 6 768 458 citoyens inscrits, 5 608 520 se sont rendus aux urnes. Le scrutin a toutefois enregistré 310 589 bulletins nuls, pour un total de 5 297 931 votes valablement exprimés. Le taux de participation, désormais fixé à 82,86 %, dépasse celui annoncé provisoirement par la DGE, alimentant une fois encore les discussions autour de la sincérité du processus.
Sur le terrain judiciaire, le contentieux aura été quasi inexistant. Un seul recours avait été introduit devant la Cour suprême, le 2 janvier, par Abdoulaye Yéro Baldé, candidat du FRONDEG. Contre toute attente, ce dernier a retiré sa plainte dès le lendemain, levant ainsi le dernier obstacle à la proclamation définitive des résultats.
À 41 ans, Mamadi Doumbouya devient officiellement président de la République de Guinée pour un mandat de sept ans, tournant la page d’une transition ouverte après le coup d’État du 5 septembre 2021. Si cette période a profondément remodelé le paysage politique et institutionnel du pays, elle reste aussi marquée par de vives critiques sur la restriction de l’espace civique et les libertés politiques.
Le verdict est désormais scellé. Reste à savoir comment ce nouveau pouvoir élu répondra aux attentes d’un peuple partagé entre espoir, fatigue et vigilance démocratique.