CONAKRY – À quelques jours du début du mois de Ramadan, les travailleuses du sexe de Conakry expriment leurs inquiétudes face à la perspective d’une baisse significative de leur clientèle. Que ce soit à Kipé ou aux abords de l’aéroport, la situation est préoccupante pour ces femmes dont les revenus dépendent de cette activité.
Dans le quartier de Kipé, non loin du lycée français, leurs préoccupations ne portent pas sur le jeûne à venir, mais plutôt sur la manière de trouver des clients. Une jeune femme, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat, confie son désarroi : « C’est compliqué, voire difficile. Ce mois, bien qu’il soit sacré, nous obligera à la discrétion, car nous n’aurons pas d’argent. Les clients se feront rares. Même les chrétiens se cacheront. Nous demandons à l’État de penser à nous aussi. »
Une autre travailleuse du sexe, rencontrée dans les environs, ne partage pas le même point de vue. Pour elle, le Ramadan doit être un mois de pénitence et de réserve.
« Je continue mes activités, certes, mais ce mois doit être un temps de retenue », déclare-t-elle, préférant ne pas s’étendre davantage.
Le Ramadan, mois de pénitence et de réserve, coïncide cette année avec une période économique difficile, ce qui inquiète d’autant plus ces femmes. Les travailleuses de nuit, qu’elles soient dans les bars ou ailleurs, se lamentent et appellent l’État à prendre en compte leur situation face à la raréfaction de la clientèle.
Aly Badara Akila
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