Tribunal de Dixinn : Moussa Oularé condamné à un an de prison après des propos polémiques

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L’affaire Moussa Oularé a connu son épilogue judiciaire devant le Tribunal de Dixinn, où le prévenu a été reconnu coupable à la suite de propos ayant suscité une vive indignation sur les réseaux sociaux.
À l’origine de la procédure, une vidéo devenue virale dans laquelle Moussa Oularé affirmait que « les forestiers sont le peuple le plus bas du pays ». Ces déclarations ont provoqué une onde de choc, en particulier parmi les ressortissants de la Guinée forestière, notamment de N’Zérékoré, région dont il est lui-même originaire.
Face à la polémique, le prévenu avait tenté de se défendre en expliquant le contexte de ses propos : « Je voulais simplement guider un étranger qui ne connaît pas la Guinée. J’ai grandi en forêt, plus précisément à N’Zérékoré, donc je ne peux en aucun cas dénigrer mes parents forestiers. » Une justification qui n’a toutefois pas suffi à apaiser l’indignation ni à empêcher l’ouverture de poursuites judiciaires.
Une ligne de défense axée sur le contexte
Lors de l’audience, la défense de Moussa Oularé a plaidé la prise en compte des circonstances dans lesquelles les propos ont été tenus. Selon ses avocats, il conviendrait de distinguer des déclarations faites de manière réfléchie de celles prononcées sous l’effet de la colère :
« Il faut parfois tenir compte des circonstances dans lesquelles les propos ont été tenus… Celui qui a parlé sous la colère n’est pas forcément quelqu’un qui veut diviser les ethnies. Son pardon est recevable… D’autant plus que ce n’est pas lui qui avait la caméra, ni celui qui a diffusé les images. »
Un argumentaire visant à atténuer la responsabilité pénale du prévenu, en insistant sur l’absence d’intention de nuire et sur la diffusion non maîtrisée de la vidéo.
Une condamnation fondée sur la gravité des propos
Malgré ces éléments, le tribunal a estimé que les déclarations incriminées portaient atteinte à la dignité d’une communauté et étaient de nature à troubler l’ordre public. En conséquence, Moussa Oularé a été condamné à un an d’emprisonnement ainsi qu’au paiement d’une amende de 10 millions de francs guinéens.
Selon les informations disponibles, le prévenu est actuellement en détention, en attendant d’éventuelles suites de la procédure.
Une affaire révélatrice des tensions sociales et du rôle des réseaux sociaux
Au-delà du cas individuel, cette décision met en lumière la vigilance accrue des juridictions face aux discours jugés discriminatoires ou stigmatisants. Elle rappelle également que la viralité des contenus sur les réseaux sociaux peut rapidement transformer des propos privés ou spontanés en affaire publique, avec des conséquences judiciaires importantes.
Ce jugement du Tribunal de Dixinn s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de régulation de la parole publique, dans un contexte où les questions identitaires restent particulièrement sensibles en Guinée.