Guinée : Condamnation de Kassory Fofana, un verdict entre satisfaction et scepticisme

817
061609377644-web-tete

Le 27 février 2025, la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a rendu son verdict dans l’affaire opposant l’ancien Premier ministre de Alpha Condé, Dr Ibrahima Kassory Fofana, à la justice guinéenne. Suite à cette condamnation, de nombreux citoyens guinéens n’ont pas tardé à exprimer leurs avis sur la décision rendue concernant l’ancien chef du gouvernement.

Des avis partagés sur la condamnation de Kassory Fofana

Certains Guinéens estiment que la condamnation de l’ex-Premier ministre est une juste application de la loi, affirmant qu’il doit répondre de ses actes. Toutefois, d’autres prennent un ton plus nuancé, estimant que ce verdict ne constitue pas une victoire totale, et déplorent les conditions de l’affaire.

“Je ne suis pas trop opposé. Mais ce qui arrive à Kassory Fofana, je ne peux pas le souhaiter pour mon pire ennemi. Ce qui se passe est regrettable. Je suis désolé pour eux”, a déclaré un citoyen, visiblement préoccupé par la tournure des événements.

Aliou Diallo : Une mise en garde pour le CNRD

Aliou Diallo, pour sa part, admet que Kassory Fofana mérite ce qui lui arrive, mais il met également en garde le CNRD (Comité National du Rassemblement pour le Développement), actuel pouvoir en place en Guinée. Selon lui, la justice ne doit pas être à sens unique.

“Je ne suis pas contre. Je n’ai pas de pitié pour ceux qui ont détruit l’économie guinéenne. Mais je veux dire au CNRD de faire aussi très attention parce que la roue tourne et risque de tomber sur leur tête. Qu’ils n’oublient pas que demain aussi, ils feront face à la justice”, a précisé Aliou Diallo, soulignant ainsi une inquiétude croissante sur la gestion actuelle du pays.

Des doutes sur la CRIEF et le pouvoir actuel

Par ailleurs, Ousmane et Mohamed Diallo, deux citoyens de la commune d’Enco 5, ont exprimé leur scepticisme quant à la capacité du CNRD à juger équitablement les anciens et actuels dirigeants. Ils ont, en effet, mis en cause le système judiciaire actuel et soulignent l’absence de confiance dans le processus en cours.

“J’en doute. Je doute beaucoup de cette CRIEF et du CNRD. Tous ceux arrêtés pour malversations dans ce régime pavanent dans la nature. Je ne peux pas y croire”, a lancé Ousmane, qui se dit déçu par la situation.

“Moi, je n’ai rien à dire. Je suis désolé, mais le CNRD n’inspire plus confiance”, a ajouté Mohamed Diallo, traduisant un sentiment de méfiance envers l’actuelle gouvernance.

Une Guinée en quête de justice

Les réactions variées des citoyens soulignent une division persistante sur la gestion de la transition actuelle en Guinée. Si certains estiment que le CNRD doit assumer sa responsabilité en appliquant la loi aux anciens dirigeants, d’autres, plus critiques, appellent à une transparence totale et à une véritable justice pour tous, sans distinction.

Le pays semble ainsi se trouver à un carrefour difficile où les espoirs de justice se mêlent aux doutes concernant les véritables intentions du pouvoir en place.