Bah Oury appelle à la prudence sur les violations des droits de l’Homme : « L’État n’a plus le monopole »

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Dans une récente intervention, Amadou Oury Bah, ancien vice-président de l’UFDG, a abordé la question des droits de l’Homme, en mettant en garde contre les jugements hâtifs, particulièrement dans un contexte de transition comme celui de la Guinée. Selon lui, les violations des droits humains ne sont plus exclusivement l’apanage des États, notamment en Afrique, et nécessitent une approche plus nuancée et rigoureuse, fondée sur des enquêtes approfondies avant toute conclusion.

Un appel à la prudence et à la rigueur

Bah Oury a souligné qu’aujourd’hui, dans un contexte de transition politique, il est crucial de différencier ce qui est fait publiquement et ce qui se passe dans les coulisses. Il a rappelé les nombreuses manipulations des dernières années, qui ont parfois faussé les perceptions des actions des autorités, tout en affirmant qu’il ne les imputait pas directement aux autorités actuelles. Pour lui, il est impératif d’éviter de répéter les réflexes du passé, en particulier ceux qui font de l’État le seul responsable des violations des droits de l’Homme. Il a insisté sur le fait que l’État n’a plus le monopole des violations, et qu’il faut faire preuve de sérénité avant de porter des accusations sans preuve solide.

Rappel de la lutte contre l’impunité

Abordant la question du général Mamadi Doumbouya, Bah Oury a évoqué le procès du 28 septembre 2009, soulignant que celui qui a organisé ce procès ne pourrait en aucun cas encourager des dynamiques qui rappellent les abus du passé. Il a plaidé pour que, dans le contexte actuel, toute la société travaille ensemble pour garantir la stabilité du pays, sans chercher à perturber l’ordre républicain par des manœuvres qui appartiennent à un passé révolu.

La question des disparitions et la position du CNRD

Concernant les disparitions récentes, notamment celle de Foniké Manguè, Bah Oury a, d’une part, minimisé l’importance de ces événements en les qualifiant de « disparitions entre guillemets ». Cependant, il a reconnu que de tels incidents posaient un problème pour la réputation du gouvernement, et ont même pénalisé le CNRD dans ses efforts diplomatiques, notamment avec l’organisation de la Francophonie. Il a affirmé que le CNRD n’avait aucun intérêt à ternir son image en recourant à des pratiques extrajudiciaires, et que ces événements nuisaient au processus de transition qui avait commencé avec le coup d’État du 5 septembre 2021.

L’aspiration à une transition respectueuse des droits humains

Bah Oury a conclu en soulignant que le gouvernement actuel, sous l’autorité du CNRD, ne devait pas retomber dans les pratiques passées qui ont terni l’image de l’État. Il a rappelé que tous les actes doivent être en conformité avec l’ordre judiciaire, afin d’éviter des dérives qui pourraient compromettre la transition et déstabiliser le pays.

A rappeler, que l’intervention de Bah Oury met en lumière la complexité de la situation politique actuelle en Guinée, marquée par des tensions internes et des défis importants en matière de droits humains. Son appel à la prudence et à une évaluation rigoureuse des faits avant d’imputer des responsabilités reflète une volonté de protéger l’intégrité du processus de transition, tout en rejetant les anciens réflexes qui ont souvent entravé le développement du pays. 

     Affaire à suivre…