Le théâtre judiciaire de Conakry a vibré, ce mercredi 9 avril 2025, au rythme de la poursuite du procès en appel d’Aliou Bah, figure de proue du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL). Accusé d’un crime numérique « offense au chef de l’État par le biais d’un moyen informatique » ce procès captivant continue d’aimanter les regards et de polariser l’opinion.
Dès l’aube naissante, le parvis de la cour d’appel s’est mué en une agora fervente. Une marée humaine, composée en grande partie de jeunes venus des quatre coins de la capitale guinéenne, a convergé pour clamer un soutien indéfectible à l’homme politique. Face à cette démonstration de force populaire, un imposant cordon sécuritaire a été déployé : rangs serrés de forces de l’ordre, véhicules blindés stratégiquement positionnés, et contrôles d’accès rigoureux ont dessiné un périmètre de tension contenue.
À l’heure précise où sonnait la reprise, le juge a fait son entrée dans une salle d’audience déjà saturée. Un silence de plomb a instantanément englouti les murmures, signalant l’imminence des débats. Sous les projecteurs de la justice, Aliou Bah a fait son apparition. Sa mise soignée chemise bleu ciel immaculée, pantalon beige sobre, et lunettes noires dissimulant un regard impénétrable offrait un contraste saisissant avec la gravité des accusations. Son calme olympien, sa démarche presque nonchalante, dégageaient une aura de défi serein, comme s’il s’agissait d’une simple promenade et non d’une confrontation judiciaire aux enjeux considérables.
La sérénité stoïque gravée sur ses traits témoignait d’une détermination inébranlable. L’atmosphère s’est alourdie dès l’ouverture des hostilités verbales. La requête du procureur général, visant à bâillonner la médiatisation du procès au profit d’un huis clos, a immédiatement embrasé les esprits de la défense. Les avocats d’Aliou Bah, tels des chiens de garde de la justice, ont bondi pour dénoncer une manœuvre obscurantiste, une tentative flagrante de confisquer le débat public et de priver les citoyens d’un procès transparent. « Un huis clos n’a pas lieu d’être dans cette affaire », a tonné l’un d’eux, l’indignation palpable dans sa voix.
Après plus de quelques minutes d’une joute oratoire intense autour de cette demande cruciale, le couperet de la suspension d’audience est tombé, le tribunal se retirant pour délibérer. Le dénouement de cette bataille pour la transparence reste en suspens, laissant planer une incertitude pesante sur la suite des événements.