C’est une scène qui en dit long sur le climat actuel. Longtemps cantonnée aux journalistes, la répression semble désormais s’étendre à d’autres figures de la société. Ce mardi matin, la Cour d’appel de Conakry s’est transformée en véritable forteresse pour accueillir le procès en appel d’Aliou Bah, leader politique condamné en première instance à deux ans de prison ferme pour diffamation à l’encontre du Chef de l’État.
Escorté par un impressionnant dispositif sécuritaire, Aliou Bah a fait son entrée sous haute surveillance, dans une atmosphère lourde de tension. À l’extérieur, le portail principal reste hermétiquement fermé. Les journalistes, pourtant mobilisés pour la couverture du procès, se voient refuser l’accès. Une poignée de militants ayant pu franchir les barrières ont dû renoncer à leurs téléphones et tout appareil électronique – conditions strictes imposées pour assister à l’audience.
Mais la stupeur atteint un nouveau palier lorsque même des diplomates, venus en soutien au leader politique, se heurtent au mur du refus. Dans leurs véhicules officiels, ils sont stoppés net. « Il faut passer par le ministère des Affaires étrangères. Vous n’avez pas l’autorisation d’accéder », leur rétorquent froidement les agents de sécurité.
Au moment où ces lignes sont publiées, les diplomates restent bloqués à l’extérieur, témoins impuissants d’un procès qui, au-delà de l’homme jugé, pose une question essentielle : que reste-t-il de l’État de droit ?