Serment d’Hippocrate Bafoué : La Corruption Monétaire au Cœur de la Médecine Guinéenne (Portos le juriste )

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En Guinée, la déontologie médicale semble désormais se définir par le montant de liquidités que possède la famille du patient. L’argent est devenu la première éthique du serment professionnel de nos praticiens, reléguant au second plan la vie humaine, pourtant au cœur de leur mission. Le serment d’Hippocrate, censé incarner les valeurs nobles de la médecine, est aujourd’hui vidé de son sens, corrompu par la quête effrénée de profits.

L’assistance à personne en danger, autrefois un devoir sacré, est devenue une opportunité de rentabilité. La souffrance des patients n’émeut plus ; elle constitue désormais une occasion d’exiger des sommes faramineuses, souvent inaccessibles pour la majorité des familles. Les urgences hospitalières ne sont plus que des salles d’attente pour ceux qui ont les moyens de payer l’entrée à la vie ou, à défaut, l’accès à la mort dans la dignité.

Nos soi-disant médecins, investis d’une mission humanitaire, ont troqué leur blouse blanche contre un costume d’homme d’affaires sans scrupules. La compassion a laissé place à l’indifférence, et l’expertise médicale à un commerce cynique. Une fracture ouverte ? Ce n’est pas la gravité de la blessure qui déterminera la prise en charge, mais la capacité du blessé ou de sa famille à sortir l’argent au comptant.

Dans nos hôpitaux publics, censés être les derniers recours pour les plus démunis, l’accès aux soins est devenu un luxe. La consultation, les analyses, les médicaments, les interventions chirurgicales – tout est prétexte à racket. Même les ambulances sont tarifées comme des taxis privés, sans aucun égard pour l’urgence vitale des patients. Et malheur à ceux qui n’ont pas les moyens de se soigner : ils sont abandonnés à leur sort, livrés à la fatalité ou à l’aide hasardeuse d’un proche improvisé infirmier. Ce constat tragique ne peut être passé sous silence.

 Il est le reflet d’un système de santé en déliquescence, gangréné par la corruption, l’impunité et le manque d’humanité. Les autorités sanitaires, quant à elles, brillent par leur silence complice ou leur inefficacité notoire. L’absence de contrôle, de sanctions, et de mécanismes de régulation alimente l’impunité des abus commis quotidiennement.

Loin d’être des cas isolés, ces pratiques honteuses sont devenues la norme. Elles détruisent le peu de confiance que la population conservait encore envers le corps médical. Et pourtant, des vies se perdent chaque jour à cause de ces manquements graves, de ce commerce inavoué de la douleur humaine.

Il est temps de s’indigner, de dénoncer, de briser l’omerta. Les médecins ne sont pas au-dessus des lois. Lorsqu’ils trahissent leur serment, ils trahissent non seulement leurs patients, mais aussi la société tout entière. L’heure est venue de réformer en profondeur le secteur de la santé, de restaurer la morale, d’exiger des comptes et d’instaurer une véritable culture de l’éthique.

La santé ne doit pas être un privilège réservé à ceux qui ont de l’argent. Elle est un droit fondamental. Refuser de soigner par manque d’argent, c’est refuser à un être humain sa dignité, sa chance de vivre. Ce n’est plus de la médecine : c’est du mépris organisé, une forme moderne de violence institutionnelle.

Par Portos le juriste