Guinée : Célébrations du CNRD à Madina – Entre fastes et fange, la réalité des infrastructures crève les yeux

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Conakry, Guinée – Une scène pour le moins surprenante, immortalisée par une photo qui fait le tour des réseaux sociaux, met en lumière le paradoxe saisissant des célébrations des “acquis” du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) en Guinée. Au cœur du Grand Marché de Madina, véritable poumon commercial de Conakry, des chaises colorées ont été déployées pour accueillir une cérémonie, non pas sur du goudron flambant neuf, mais dans un paysage de boue, de détritus et d’effluves nauséabondes.

L’image est éloquente : une vaste étendue de terre gorgée d’eau, transformée en bourbier par les pluies ou un drainage défaillant, sert de décor à ce qui semble être un événement officiel. Des chaises en plastique, rouges, bleues, vertes, alignées avec une certaine solennité, contrastent vivement avec le chaos environnemental qui les entoure. En arrière-plan, la foule, les étals improvisés et les bâtisses vétustes typiques de Madina complètent le tableau.

“Ils célèbrent les acquis du CNRD dans cette boue, sans route goudronnée, odeur exécrable avec des chaises. Alors qu’ils célèbrent le CNRD,” s’indigne un témoin, dont le propos résume parfaitement le sentiment d’une grande partie de la population guinéenne.

Le Grand Marché de Madina, bien que central à l’économie du pays, est depuis des décennies un symbole des défis urbains de Conakry : routes impraticables, gestion des déchets quasi inexistante, inondations récurrentes pendant la saison des pluies, et une hygiène déplorable. Que des célébrations officielles s’y déroulent dans de telles conditions soulève de sérieuses questions sur la perception des autorités vis-à-vis des réalités quotidiennes de leurs concitoyens.

Alors que le CNRD se prépare à consolider sa feuille de route, cette scène de Madina est un rappel cinglant que les “acquis” doivent avant tout se traduire par une amélioration tangible du cadre de vie des Guinéens. Au-delà des discours et des cérémonies, la population attend des routes praticables, des systèmes d’assainissement fonctionnels et un environnement sain. L’image de ces chaises dans la boue du Grand Marché de Madina restera sans doute un puissant symbole de l’écart entre les aspirations et la dure réalité du terrain.

Affaire à suivre…