La justice guinéenne vient de rendre un arrêt lourd de symboles dans un contexte de transition politique sous haute tension. La Cour d’appel de Conakry a confirmé ce mardi 28 mai la condamnation à deux ans d’emprisonnement infligée en première instance à Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), poursuivi par l’État guinéen.
L’audience, tenue à huis clos dans un bâtiment ad-hoc dont l’accès avait été interdit au public, s’est déroulée loin des caméras et dans une atmosphère de haute discrétion. Seuls les avocats de la défense accompagnaient l’opposant politique dans cette énième confrontation judiciaire entre une figure de l’opposition et l’appareil d’État.
Maître Halimatou Camara, membre du collectif de la défense, a déclaré à la sortie de l’audience : « La Cour a confirmé en toutes ses dispositions la décision rendue en première instance. » Une déclaration lapidaire qui scelle, pour l’heure, le sort judiciaire de l’opposant.
Cette décision, rendue dans un climat de crispation politique et judiciaire, interroge une nouvelle fois sur les garanties d’un procès équitable en République de Guinée, alors même que la transition actuelle se veut fondée sur la refondation de l’État de droit.