Conakry, Guinée – L’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption et de Promotion de la Bonne Gouvernance (ANLC-PBG) est secouée par une crise majeure. Ce mardi, les employés de l’institution ont brisé le silence, organisant une manifestation sans précédent pour réclamer la démission de leur secrétaire exécutif, Mohamed Bérété. Les accusations fusent : dérives autoritaires, gestion opaque et malversations présumées.
Au cœur de cette fronde, une somme colossale de quatre milliards de francs guinéens, représentant 10 % des quarante milliards reversés au Trésor public en 2023. Les manifestants exigent des comptes, dénonçant une utilisation douteuse des fonds publics.
Dans une plateforme revendicative rendue publique, les agents de l’ANLC-PBG dénoncent également un nouvel organigramme imposé unilatéralement, la suppression arbitraire de postes, le gel illégal des salaires et des frais de carburant depuis août 2024, ainsi que le licenciement brutal de contractuels.
« On ne gouverne pas une institution aussi stratégique avec des décisions unilatérales et autoritaires », a fustigé un syndicaliste, résumant le sentiment général de défiance.
Un autre point de discorde majeur est le rejet catégorique du document stratégique issu de la retraite institutionnelle de Kindia. Un comble, puisque ce document fondamental avait été élaboré avec la pleine participation de Mohamed Bérété lui-même. La situation semble désormais inextricable au sein de l’agence censée incarner la bonne gouvernance.