Labé (Guinée), juillet 2025 — Du haut de ses 20 printemps, Fatoumata Djaka Sow, native de Labé, fait une entrée remarquée sur la scène littéraire guinéenne avec la parution en 2024 de son premier roman, « Si j’avais eu le choix ». Cette œuvre de fiction, profondément ancrée dans les réalités sociales, suscite déjà un vif intérêt et des débats animés au sein des sphères éducatives, culturelles et auprès du grand public.
Genèse d’une Vocation Littéraire
Née en 2004, l’auteure révèle une passion précoce pour l’écriture, s’exprimant d’abord à travers de courts textes personnels dès la 10ᵉ année scolaire. C’est en 12ᵉ année que cette inclination se mue en un projet plus ambitieux, la rédaction de ce qui allait devenir son premier roman. Fatoumata Djaka Sow confie que ce projet émane d’un « besoin profond de dénoncer l’injustice et de donner la parole à celles qu’on n’entend jamais », un témoignage poignant de sa sensibilité aux maux de sa société.
La conception de l’ouvrage s’est étendue sur une année, concomitamment à la préparation de son baccalauréat, qu’elle a obtenu avec une mention honorable. L’année 2024 a ainsi marqué pour elle une double consécration : une réussite académique et l’inauguration d’une carrière littéraire prometteuse.
Une Œuvre au Cœur des Réalités Sociales
« Si j’avais eu le choix » aborde des thématiques délicates, notamment la condition des jeunes filles au sein de la société guinéenne. L’auteure y explore des réalités sociales souvent passées sous silence : la marginalisation, les violences insidieuses et l’absence criante de protection sociale. Bien qu’elle décrive son livre comme un témoignage et un « cri du cœur », l’ouvrage est perçu par certains lecteurs comme une véritable prise de position militante.
À Labé, les échos sont divers. Plusieurs lecteurs saluent l’audace d’une jeune femme qui ose lever le voile sur des sujets tabous. D’autres, plus réservés, estiment qu’il est prématuré de le qualifier d’œuvre littéraire majeure, plaidant pour une analyse plus approfondie de la qualité stylistique et de la construction narrative.
Réception et Portée de l’Ouvrage
Publié par Plumes Inspirées, une maison d’édition guinéenne, le roman connaît une diffusion progressive, principalement dans les librairies locales et les cercles de lecture scolaires. Bien qu’aucun chiffre de vente officiel n’ait été communiqué, des exemplaires ont été répertoriés à Conakry, Labé, Kindia et dans plusieurs établissements d’enseignement secondaire.
Des professeurs de littérature ont d’ores et déjà recommandé la lecture du roman à leurs élèves. L’un d’eux confie : « Il est toujours intéressant de montrer aux jeunes qu’on peut produire du contenu sérieux à leur âge. Le texte de Djaka Sow a le mérite d’ouvrir un débat. »
L’Écriture comme Devoir Moral
Peu après la publication de son roman, Fatoumata Djaka Sow a été confrontée à la perte de son père, un événement qu’elle évoque avec pudeur. Cette épreuve personnelle a renforcé son attachement à l’écriture, qu’elle considère désormais comme un « devoir moral ». Si ses propos sont empreints d’une tonalité personnelle, l’auteure insiste sur le fait que son intention n’est pas de juger, mais d’alerter et d’inviter à une profonde réflexion.
Perspectives d’Avenir
Contactée par Infosfraiches.com, Fatoumata Djaka Sow exprime son désir de poursuivre son parcours littéraire tout en menant des études universitaires. Elle n’exclut pas de publier d’autres romans, mais souligne l’importance de demeurer ancrée dans les réalités qu’elle maîtrise.
À une époque où l’expression littéraire demeure un espace de liberté parfois précaire, la parution de « Si j’avais eu le choix » offre une plateforme à de jeunes voix guinéennes, encore sous-représentées dans l’édition nationale. Reste à déterminer si cette œuvre singulière marquera un tournant durable pour la nouvelle génération d’écrivains guinéens.

Reportage réalisé par la rédaction d’Infosfraiches.com
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