Conakry, 15 juillet 2025 — Sur les 33 pharmacies visitées dans la capitale guinéenne, 32 n’avaient plus en stock les préservatifs de la marque Kiss, pourtant très prisés par les jeunes. Cette pénurie survient en pleine saison pluvieuse, une période souvent marquée par une hausse des infections sexuellement transmissibles (IST) et des grossesses non désirées.
Selon plusieurs pharmaciens interrogés, la rupture dure depuis plusieurs semaines. Certains évoquent des retards d’approvisionnement, d’autres parlent d’un désintérêt des grossistes pour ce produit localement très demandé.
« Depuis un mois, impossible d’avoir du Kiss. On nous parle de problèmes logistiques au port », explique un responsable de pharmacie à Dixinn.
La situation alarme plusieurs acteurs de la santé publique. « Le préservatif n’est pas un luxe, c’est une nécessité sanitaire, surtout en cette saison où les jeunes sont plus exposés. Il faut urgemment rétablir la chaîne d’approvisionnement », alerte un consommateur.
Le préservatif Kiss s’est imposé ces dernières années dans les habitudes, notamment pour son prix abordable et sa disponibilité dans les points de vente populaires. Il est souvent perçu comme un produit “de confiance” par une large frange de la jeunesse.
Avec la raréfaction du produit, plusieurs jeunes affirment ne plus se protéger lors de rapports sexuels, faute d’alternative accessible. D’autres se tournent vers des marques plus chères, quand elles sont disponibles.
Au moment où la Guinée lutte encore pour améliorer ses indicateurs en matière de santé sexuelle et reproductive, une telle pénurie pourrait aggraver les vulnérabilités déjà existantes. La saison des pluies, avec son cortège d’ennui, d’enfermement et parfois d’ennui, est souvent propice à une hausse des rapports sexuels non protégés.
Les autorités sanitaires et les fournisseurs sont interpellés. Il ne s’agit pas seulement de gérer un manque temporaire, mais d’assurer une politique de prévention cohérente et continue, même (et surtout) en saison pluvieuse.