Le tableau des résultats globaux du recensement administratif à vocation d’état civil (RAVEC) dévoile une surprise majeure : la région de Kankan dépasse Conakry en nombre de personnes recensées. Une première qui remet en perspective la cartographie démographique de la Guinée.
Avec 2 089 320 personnes recensées, Kankan arrive en tête des huit régions administratives, représentant 23,27 % de la population totale recensée. En comparaison, Conakry, la capitale et centre névralgique du pays, compte 1 992 986 habitants recensés, soit 22,19 %.
Cette tendance surprend plus d’un, dans la mesure où Conakry est généralement perçue comme la région la plus peuplée, du fait de sa concentration urbaine, économique et politique. Le nouveau classement suggère que la région de Kankan connaît une croissance démographique importante qui mérite attention.
Des données nationales révélatrices
Au total, 8 979 923 personnes ont été recensées, dont 98,45 % à l’intérieur du pays (8 840 841) et 1,55 % à l’extérieur (139 082). La répartition par genre indique une légère majorité féminine au niveau national : 52,6 % de femmes contre 47,4 % d’hommes.
Certaines régions affichent des disparités notables. Par exemple, Mamou et Labé comptent respectivement 56,5 % et 58 % de femmes, tandis que la région de Kankan est presque équilibrée, avec 50,8 % d’hommes et 49,2 % de femmes. À l’extérieur, la tendance s’inverse fortement : 64,3 % des personnes recensées sont des hommes, contre 35,7 % de femmes.
Kindia et N’Zérékoré bien positionnées
Après Kankan et Conakry, Kindia se place en troisième position avec 1 160 579 recensés (12,92 %), suivie de N’Zérékoré (1 094 704, soit 12,19 %). Ces données confirment le poids démographique croissant de certaines régions jusque-là sous-estimées dans les grandes projections nationales.
Des implications politiques et économiques
Ce nouveau classement, où Kankan devance Conakry, pourrait avoir des implications importantes sur le plan de la représentation politique, de la répartition des ressources publiques et des investissements sociaux. Il pose également la question de la planification urbaine et rurale, dans un pays en quête d’équilibre entre ses régions.
Pour rappel, Les résultats du recensement montrent une Guinée en mutation. Kankan s’impose comme un pôle démographique majeur, et cette dynamique devra désormais être prise en compte dans les politiques publiques, pour une meilleure équité territoriale et une gouvernance plus inclusive.