Inondation à Kaloum : la capitale économique paralysée après de fortes pluies

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La commune de Kaloum, cœur administratif et économique de la Guinée, s’est réveillée ce samedi matin les pieds dans l’eau. De fortes pluies tombées durant la nuit ont provoqué des inondations massives, paralysant la circulation et forçant les habitants à marcher dans les rues transformées en véritables rivières.
Sur les images prises ce matin, on aperçoit des femmes et des hommes pataugeant dans l’eau jusqu’aux genoux, certains avec des sacs sur la tête, d’autres pieds nus, tentant de rejoindre leur destination. Les véhicules sont à l’arrêt, certains submergés, et des boutiques situées en bordure de route sont inaccessibles.
Un phénomène devenu récurrent
Ce type de scène n’est malheureusement pas une première à Kaloum. Chaque saison des pluies, la capitale économique est confrontée à ce fléau. Le manque d’un réseau de drainage efficace, l’urbanisation mal maîtrisée et l’accumulation des ordures dans les caniveaux contribuent à aggraver la vulnérabilité de la ville face aux précipitations.
Un impact direct sur l’économie et le quotidien
Kaloum n’est pas un quartier comme les autres. C’est ici que se trouvent la Présidence de la République, la Primature, la plupart des ministères, les grandes banques, les ambassades, ainsi que de nombreux sièges d’entreprises. Une inondation à Kaloum, c’est le cœur administratif du pays à l’arrêt.
Plusieurs travailleurs ont dû rebrousser chemin, incapables d’atteindre leur bureau. Les transporteurs sont bloqués. Des marchés ont fermé. “C’est chaque année la même chose. Il suffit de quelques heures de pluie pour que tout soit inondé. Rien n’est fait pour améliorer la situation”, déplore un habitant joint par infosfraiches.com.
Une urgence silencieuse
Alors que les inondations gagnent en intensité d’année en année, les autorités tardent à proposer un plan de gestion durable des eaux pluviales. Des promesses de réhabilitation de l’assainissement urbain ont été faites, mais sur le terrain, peu de changements sont visibles.
Les citoyens, eux, continuent de payer le prix fort : maisons envahies par les eaux, pertes de biens, écoles fermées, maladies hydriques en recrudescence.
Il est plus que jamais urgent de repenser l’urbanisation de Kaloum et de la capitale dans son ensemble. La résilience urbaine ne peut plus être un slogan : elle doit se traduire en actions concrètes et visibles sur le terrain.
En attendant, Kaloum s’adapte comme elle peut. Mais pour combien de temps encore ?
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