SIGUIRI – La préfecture de Siguiri, dans la région de Kankan, a pris une décision radicale en publiant un arrêté interdisant “immédiatement” les “danses appelées ‘Soirées Dior'”. Cet arrêté, signé du Président de la délégation spéciale, Souleymane Koïta, fait de Siguiri la première préfecture guinéenne à s’attaquer officiellement à ce phénomène, devançant ainsi la capitale, Conakry, où le débat fait rage sur la moralité de ces événements.
En se basant sur la nécessité de “consolider et protéger les us et mœurs” et de lutter contre “la dépravation de nos valeurs sociétales”, la préfecture de Siguiri ne s’est pas contentée d’un simple avertissement. Le document officiel stipule clairement dans son article 1er qu’il est “formellement interdit l’exercice des danses communément appelées ‘Soirée Dior’ dans les lieux de loisirs sur toute l’étendue du territoire de la commune urbaine de Siguiri”.
L’article 2 est sans équivoque, désignant ces soirées comme “un caractère sensuel porte atteinte à la pudeur en milieu public”, une accusation qui cristallise la polémique.
Un Arrêté Qui Fait Couler Beaucoup d’Encre
Cette interdiction est perçue par certains comme un acte de fermeté et de protection des valeurs traditionnelles et religieuses locales, tandis que d’autres y voient une atteinte à la liberté d’expression et de rassemblement, ainsi qu’à la culture urbaine émergente chez les jeunes.
Le phénomène des “Soirées Dior” a pris de l’ampleur ces derniers mois, en particulier à Conakry, où ces fêtes attirent des milliers de jeunes et sont diffusées en direct sur les réseaux sociaux. C’est précisément cette médiatisation et le caractère jugé “indécent” de certaines tenues et danses qui ont poussé les autorités de Siguiri à agir.
Le Silence de Conakry
Tandis que Siguiri a agi, Conakry, le centre névralgique du phénomène, reste silencieuse sur le plan administratif. Le débat y est encore en cours, et aucune interdiction n’a été émise par les autorités de la capitale, malgré les nombreux appels de certains leaders d’opinion et figures religieuses.
La préfecture de Siguiri a clairement choisi de ne pas attendre, prenant une décision forte qui pourrait servir d’exemple ou, au contraire, provoquer une résistance. L’article 3 de l’arrêté précise d’ailleurs que “tout contrevenant à la présente mesure sera traduit devant la loi”, montrant la détermination des autorités à faire respecter cette nouvelle règle.