Guinée : Ces contractuels oubliés qui vivent avec moins que le prix de leur transport

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Conakry, Guinée – Une situation alarmante et souvent ignorée règne au sein de la fonction publique guinéenne, où de nombreux contractuels vivent une précarité qui dure depuis des décennies. Alors que l’espoir d’un recrutement en tant que fonctionnaire titulaire s’amenuise, ces travailleurs, dont certains ont consacré toute leur jeunesse à l’État, font face à des salaires dérisoires qui ne couvrent même pas leurs besoins de base.
​Selon nos informations, des agents contractuels dans plusieurs départements ministériels, notamment au ministère de l’Économie et des Finances et dans le secteur de l’éducation, ont passé plus de 10 à 15 ans, voire plus, sans jamais être titularisés. Un cas particulièrement frappant est celui d’un contractuel au ministère de l’Économie et des Finances, qui, bien qu’ayant commencé à travailler en 1991, n’a été engagé comme contractuel qu’en 2004 et y est encore aujourd’hui. Malgré le poids des années, l’espoir d’une titularisation reste vivace, un espoir qui contraste douloureusement avec la réalité de ses conditions de vie.
​Ces travailleurs courageux perçoivent des salaires qui “déchirent le cœur” : certains touchent à peine 500 000, 450 000, voire 350 000 francs guinéens par mois. Des sommes qui ne permettent pas de subvenir à leurs besoins, leurs frais de transport étant parfois supérieurs à leurs revenus mensuels.
​Dans le secteur de l’enseignement, la situation n’est pas meilleure. Certains contractuels affirment avoir travaillé pendant de nombreuses années sans aucune perspective de recrutement. D’autres, confrontés à un test de recrutement, ont refusé de le passer, estimant que leur longue expérience devrait leur valoir une titularisation sans condition.
​Face à cette souffrance qui ne cesse de s’approfondir, un enseignant contractuel a lancé un appel vibrant à l’aide. “Nous demandons l’aide du Président de la Transition. Il doit nous venir en aide. On souffre et nos transports sont plus que ce que nous percevons”, a-t-il confié à notre rédaction. Cet appel, relayé par de nombreux contractuels à travers le pays, met en lumière une injustice sociale qui nécessite une attention immédiate de la part des autorités.
​Le sort de ces travailleurs, qui ont soutenu et font encore fonctionner les rouages de l’administration publique, pose une question fondamentale sur l’équité et la reconnaissance au sein de la fonction publique. Il est urgent que le gouvernement de la transition se penche sur la situation de ces contractuels pour leur offrir une solution durable, à la hauteur de leurs années de loyaux services.
Aly Badara Akila, pour infosfraiches !