Maître Mohamed Traoré dénonce l’indifférence face au drame vécu par Elie Kamano

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L’enlèvement des deux enfants, du neveu et du frère de l’artiste guinéen Elie Kamano continue de susciter de vives réactions. Parmi elles, celle de Maître Mohamed Traoré, avocat au Barreau de Guinée, qui s’indigne de l’attitude de certaines personnes face à cette tragédie. Au lieu d’exprimer solidarité ou compassion, certains s’emploient à discréditer l’artiste et à remettre en cause la réalité même de l’enlèvement.

Selon Maître Traoré, cette réaction révèle un mal plus profond : la déshumanisation progressive de la société guinéenne. Il observe qu’une simple divergence d’opinions suffit désormais à transformer un adversaire idéologique en ennemi personnel. « On se réjouit sans retenue du malheur d’autrui », déplore-t-il, regrettant l’usage de propos violents et humiliants contre quiconque ose défendre une position différente.

L’avocat rappelle que l’histoire politique de la Guinée est marquée par des violences d’État ayant touché toutes les ethnies et toutes les régions, sans distinction. À ses yeux, rien ne garantit que ces violences ne continueront pas si les mentalités ne changent pas. Il estime donc urgent que les citoyens, quelle que soit leur appartenance, s’unissent pour combattre ces pratiques.

Pour y parvenir, Maître Traoré insiste sur la nécessité d’adopter des actes simples mais essentiels, tels que le respect de la douleur des victimes. Il met en garde contre toute « compétition » entre victimes, un phénomène qui, selon lui, ne profite qu’aux auteurs des violences et affaiblit la lutte commune.

Il juge particulièrement inquiétant que certains Guinéens demeurent insensibles à la souffrance des autres, allant même jusqu’à célébrer les drames vécus par leurs adversaires politiques. Pour Maître Traoré, il s’agit d’une « maladie sociale grave » qui menace le vivre-ensemble et qui doit être traitée d’urgence.

En conclusion, l’avocat regrette que la société guinéenne semble encore loin de prendre conscience de ces dangers. Il craint que de nouveaux dégâts ne surviennent avant que les mentalités ne s’ouvrent enfin. « C’est triste », déplore-t-il.