Un putsch trop parfait ? Le rôle d’Embaló au cœur des suspicions

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En Guinée-Bissau, la situation politique a basculé après l’annonce d’un coup d’État ayant écarté le président Umaro Sissoco Embaló. D’après des sources militaires, le pouvoir serait désormais entre les mains de Horta Tha, ancien capitaine de la garde présidentielle et aujourd’hui général.

Fait notable : aucune décision institutionnelle majeure n’a été prise pour l’instant. Ni l’Assemblée nationale ni le gouvernement n’ont été dissous, et aucune arrestation n’a été signalée dans les cercles proches du président renversé. Cette retenue inhabituelle alimente les interrogations et renforce le climat de suspicion.

Au sein de la population, le doute est palpable. L’opposition rejette ouvertement la version officielle et qualifie l’événement de « coup d’État simulé », qu’elle attribue à Embaló lui-même dans le but de se repositionner sur l’échiquier politique.

Sur le terrain, la contestation commence à s’organiser. Dans plusieurs villes, notamment à Mansoah, des groupes de citoyens refusent de reconnaître la nouvelle autorité militaire et réclament plutôt un alignement sur l’opposant Dias da Costa, figure montante soutenue par une partie de l’électorat.

Entre flottement institutionnel, méfiance populaire et luttes internes, la Guinée-Bissau navigue aujourd’hui en eaux troubles. Alors que les chancelleries régionales et internationales observent la situation avec prudence, le pays reste suspendu à l’évolution de ce nouvel épisode politique dont les contours exacts demeurent, pour l’heure, loin d’être clarifiés.