Grand Conakry : la crise de liquidité atteint un niveau alarmant à l’approche du Ramadan

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La situation devient chaque jour plus préoccupante dans le Grand Conakry. La crise de liquidité, qui persistait depuis plusieurs semaines, a désormais franchi un seuil critique. Retirer de l’argent, même des montants relativement modestes, est devenu un véritable parcours du combattant. Dans plusieurs points et kiosques de transfert mobile, notamment Orange Money (OM), disposer d’un million de francs guinéens relève presque de l’impossible.
Des kiosques à sec, des clients désemparés
Dans de nombreux quartiers de la capitale, les scènes se répètent : files d’attente interminables, agents contraints de refuser des retraits faute de liquidités, clients frustrés et inquiets. Certains usagers témoignent avoir fait le tour de plusieurs points avant de pouvoir retirer une somme partielle, bien en dessous de leurs besoins.
Les petits commerçants, les travailleurs journaliers et les familles qui dépendent fortement des transactions mobiles sont particulièrement touchés. L’économie locale, largement portée par les paiements via mobile money, se retrouve paralysée.
Une période sensible : le Ramadan en ligne de mire
Cette tension financière survient à un moment particulièrement délicat. À l’approche du mois saint de Ramadan, les besoins des ménages augmentent considérablement : achats alimentaires, solidarité familiale, préparation des ruptures de jeûne, aides aux plus démunis.
Traditionnellement, cette période est marquée par une hausse des dépenses et des transferts d’argent. Mais comment faire face lorsque l’argent disponible sur les comptes électroniques ne peut être retiré en espèces ?
Pour de nombreuses familles, la situation devient angoissante. La peur de ne pas pouvoir subvenir aux besoins essentiels accentue le stress social.
Un risque de tensions économiques et sociales
Au-delà des désagréments quotidiens, cette crise de liquidité pose de sérieuses questions économiques. La raréfaction du cash freine les échanges, ralentit les activités commerciales et alimente la méfiance. Si rien n’est fait rapidement, le risque de tensions sociales pourrait s’intensifier.
Les autorités financières et les opérateurs de mobile money sont désormais attendus au tournant. Des mesures urgentes et efficaces devront être prises pour réinjecter de la liquidité dans le circuit et rassurer la population.
Un appel à une réaction rapide
Le Grand Conakry ne peut se permettre une paralysie financière à la veille d’un mois aussi important que le Ramadan. La stabilité économique et la cohésion sociale en dépendent.
La crise de liquidité n’est plus une simple difficulté passagère : elle est devenue une urgence nationale. La population attend des réponses concrètes, et surtout, rapides.