Quatre ans après le drame lié à M’Mah Sylla, une nouvelle accusation de viol présumé dans le milieu médical provoque une vive réaction au sein de l’opinion publique. Mme Tadi Kourouma affirme avoir été victime d’une agression sexuelle de la part de son gynécologue, le Dr Ismaël Sylla, lors d’une consultation sous anesthésie en 2022. Entre conséquences familiales, naissance d’un enfant et affrontement devant la justice, l’affaire suscite une forte attention médiatique.
Une intervention médicale aux conséquences graves
L’histoire remonte à 2022. Souffrant de douleurs abdominales, Mme Kourouma se rend chez le Dr Ismaël Sylla, qui la suivait déjà depuis plusieurs années. Le praticien lui propose alors un acte médical présenté comme un « lavement des trompes ».
D’après la version de la plaignante, tout aurait basculé après l’administration d’un produit par perfusion. Elle explique avoir perdu connaissance pendant plusieurs heures, entre 18h et 21h.
À son réveil, troublée, elle demande des explications à son médecin. Celui-ci lui aurait alors avoué avoir eu des relations sexuelles avec elle pendant qu’elle était inconsciente.
Sous le choc, elle choisit dans un premier temps de garder le silence, notamment sous l’influence de son entourage familial qui souhaitait éviter un scandale. Mais quelques semaines plus tard, elle découvre qu’elle est enceinte.
Selon elle, le médecin lui suggère d’avorter, une proposition qu’elle refuse catégoriquement. La situation prend une tournure dramatique lorsque son mari, vivant à l’étranger, apprend la nouvelle alors qu’elle est enceinte de huit mois. Leur union prend fin aussitôt.
Aujourd’hui, Mme Kourouma élève une fillette âgée de près de quatre ans. Elle affirme que le médecin a reconnu l’enfant et pris en charge certaines dépenses, notamment son logement à Sonfonia durant un an, avant de mettre fin à toute assistance.
Elle accuse également son entourage d’avoir privilégié un règlement discret au détriment d’une procédure judiciaire. Déterminée, elle affirme vouloir aller jusqu’au bout :
« Je ne me tairai pas tant que justice ne sera pas rendue », insiste-t-elle.
Le camp du médecin réfute les faits
Approché le mardi 7 avril 2026, le Dr Ismaël Sylla a préféré laisser son avocat, Maître Facinet, répondre aux accusations.
La défense conteste fermement les faits évoqués et parle d’allégations infondées visant à salir l’image du praticien.
« Depuis 2022, aucune juridiction n’a engagé de poursuites contre mon client pour viol. Il n’a jamais été convoqué dans ce cadre », soutient l’avocat.
D’après lui, la seule affaire actuellement pendante devant le Tribunal de Dixinn concerne une plainte déposée par le médecin pour chantage, diffamation et injures contre Mme Kourouma.
Il évoque notamment une ordonnance de renvoi (n°178), datée du 21 mars 2026, émise par le juge d’instruction Abdoulaye Petel-Diallo, pour appuyer ses propos.
« Il ne s’agit pas d’un dossier de viol devant le tribunal, mais d’une affaire liée à des accusations de chantage et d’injures. La vérité sera établie lors du procès », a-t-il déclaré, tout en annonçant que le document sera rendu public.
Une affaire aux enjeux sensibles
Au-delà du litige judiciaire, ce dossier remet sur la table la question de la déontologie médicale et de la protection des patientes dans les établissements de santé privés en Guinée.
Entre une plaignante en quête de justice et un médecin qui rejette catégoriquement les accusations, le Tribunal de Dixinn est désormais appelé à faire toute la lumière sur cette affaire particulièrement sensible.
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