La question de la salubrité demeure un enjeu majeur en Guinée, dans un contexte où les ressources financières allouées au secteur apparaissent encore insuffisantes au regard des besoins croissants des populations et des défis environnementaux.
À titre de comparaison régionale, plusieurs pays de la sous-région investissent des budgets conséquents dans l’assainissement. En Côte d’Ivoire, le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Bouaké Fofana, a récemment défendu un budget de plus de 502 milliards FCFA pour son département, en hausse de 17,6 % par rapport à l’année précédente, dont près de 56 % est destiné aux investissements structurants.
Au Sénégal, le secteur de l’assainissement bénéficie également d’une enveloppe importante, estimée à environ 244,8 milliards FCFA, soit près de 374 millions d’euros. Ce budget s’inscrit dans une stratégie articulée autour de quatre axes prioritaires visant à améliorer durablement la gestion des déchets et l’hygiène publique.
En Guinée, la situation reste plus contrastée. Le budget consacré à la salubrité est estimé à environ 100 milliards de francs guinéens (GNF), alors même que l’État accuse encore des arriérés de paiement d’environ 134 milliards GNF dus aux opérateurs du secteur pour les prestations réalisées l’année précédente. À cela s’ajoute le fait qu’une partie des fonds annoncés n’a pas encore été effectivement décaissée.
Dans ce contexte, le ministre en charge du secteur, Aboubacar Camara, fait face à d’importants défis pour mettre en œuvre sa politique de gestion des déchets et d’assainissement. Sans un accompagnement financier constant et une coordination efficace entre les différents acteurs, les efforts engagés risquent de produire des résultats limités.
Au-delà de l’action gouvernementale, la réussite des politiques de salubrité repose également sur l’implication des citoyens. La lutte contre l’insalubrité passe par une prise de conscience collective, notamment le respect des espaces publics et l’abandon des dépôts sauvages d’ordures.
Ainsi, améliorer la salubrité en Guinée nécessite à la fois un renforcement des moyens financiers, une meilleure exécution des budgets alloués et une forte mobilisation citoyenne pour construire des villes plus propres et plus saines.