Polémique sur le prix de l’internet : la ministre Pricemou replace le débat dans son contexte

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Après la vague de réactions provoquée par ses propos sur le coût de l’internet en Guinée, la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou, est revenue à la charge pour apporter des éclaircissements et replacer ses déclarations dans leur contexte.
À l’origine de la polémique, une intervention au cours de laquelle la ministre affirmait que la Guinée se situait parmi les pays les plus compétitifs de la sous-région en matière de coût de l’internet. Une affirmation qui a suscité incompréhension et critiques chez de nombreux usagers, pour qui les tarifs pratiqués restent élevés et peu adaptés au pouvoir d’achat moyen.
Consciente du fossé entre les données avancées et le ressenti des consommateurs, Rose Pola Pricemou a choisi de s’exprimer à nouveau, cette fois dans un registre plus pédagogique. Elle reconnaît d’emblée la sensibilité du sujet, rappelant que l’accès à internet est aujourd’hui un besoin essentiel, aussi bien pour l’éducation que pour l’emploi, l’entrepreneuriat ou la vie sociale.
Selon la ministre, ses propos initiaux s’inscrivaient dans le cadre du bilan sectoriel de l’année 2025. Les chiffres évoqués reposent, précise-t-elle, sur des indicateurs économiques internationaux qui évaluent le coût de l’internet en le rapportant au PIB par habitant. Dans ce cadre précis, et à la suite du rebasage du PIB guinéen, le pays afficherait un positionnement plus favorable au sein de la sous-région.
Toutefois, Rose Pola Pricemou admet que ces indicateurs macroéconomiques ne reflètent pas toujours fidèlement la réalité vécue par les citoyens au quotidien. « Aucun chiffre ne peut remplacer l’expérience réelle des usagers », a-t-elle souligné, reconnaissant que les effets des réformes engagées restent inégalement perceptibles sur le terrain.
Pour étayer son propos, la ministre a mis en avant les investissements structurels réalisés ces dernières années dans le secteur des télécommunications. Elle cite notamment le déploiement massif de la fibre optique à l’échelle nationale, le renforcement du backbone, l’amélioration de l’interconnexion sous-régionale, ainsi que la mise en service d’infrastructures stratégiques telles que le Datacenter national et le point d’échange internet guinéen.
Ces efforts, assure-t-elle, ont déjà permis une baisse significative des coûts, estimée à environ 25 % pour l’année 2025 et près de 50 % sur le marché de gros entre 2021 et 2025. Des avancées qu’elle qualifie de réelles, tout en reconnaissant que leurs retombées ne sont pas encore pleinement ressenties par tous les consommateurs.
Au-delà des infrastructures, la ministre insiste sur la dimension sociale et inclusive de la stratégie numérique gouvernementale. Des milliers de personnes auraient déjà bénéficié de formations aux outils numériques, tandis que plusieurs projets visent à connecter les universités et les écoles primaires, notamment à travers les programmes Univ Connect et GIGA. À cela s’ajoutent la création de hubs numériques en région et le soutien financier apporté à l’écosystème des startups technologiques.
Concluant sa mise au point, Rose Pola Pricemou réaffirme la volonté des autorités de poursuivre les réformes engagées, tout en se disant attentive aux critiques et aux attentes exprimées par les citoyens. Elle reconnaît l’impatience suscitée par la lenteur des changements perceptibles, mais assure que le chantier reste ouvert.
La ministre se dit déterminée à poursuivre le travail afin que les progrès annoncés se traduisent concrètement par une amélioration durable de l’accès à internet pour l’ensemble des Guinéens.