Procès en appel de Kassory Fofana : la CRIEF tient une audience exceptionnelle à la Clinique Pasteur

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La procédure judiciaire visant l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a connu un nouveau développement ce lundi 11 mai 2026. La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières s’est déplacée à la Clinique Pasteur de Conakry afin de poursuivre l’examen du dossier, compte tenu de l’état de santé du prévenu.
Cette initiative fait suite à une ordonnance rendue quelques jours plus tôt par la juridiction d’appel, autorisant la tenue des débats au sein de l’établissement hospitalier où l’ancien chef du gouvernement est admis depuis plusieurs mois.
Le président de la cour, Daye Mara, entouré de ses assesseurs, ainsi que le procureur spécial Alphonse Charles Wright et les représentants du parquet spécial, ont participé à cette audience délocalisée organisée dans un contexte particulièrement sensible.
Une suspension des échanges liée à un contentieux procédural
Selon les informations communiquées par les avocats présents, l’audience n’a pas pu aller à son terme en raison d’un différend portant sur certains documents versés à la procédure par le ministère public.
La partie civile explique que les débats ont été interrompus lorsque la défense a contesté l’existence et la communication préalable d’une pièce évoquée par le parquet spécial. Les avocats de l’ancien Premier ministre soutiennent ne pas avoir reçu certains documents utilisés durant l’interrogatoire.
Face à cette situation, la cour a décidé de reporter les débats au 14 mai prochain afin de permettre aux différentes parties de consulter et d’échanger les pièces concernées, dans le respect des exigences du contradictoire.
Un état de santé toujours préoccupant
Au cours de cette audience exceptionnelle, l’ancien locataire du Palais de la Colombe est resté alité. Toutefois, selon plusieurs avocats présents, il a été en mesure de répondre aux questions posées par les magistrats et les représentants du parquet.
Les conseils de la défense estiment que la tenue de l’audience à l’hôpital confirme les difficultés physiques rencontrées par leur client depuis plusieurs mois. Ils considèrent que cette démarche judiciaire démontre qu’il ne pouvait matériellement pas comparaître dans une salle d’audience classique.
La défense critique l’évolution du dossier en appel
Les avocats de Ibrahima Kassory Fofana dénoncent également l’apparition de nouveaux éléments dans le dossier au stade de l’appel. Selon eux, certains rapports et documents évoqués par le parquet n’auraient jamais été soumis aux débats lors de la procédure de première instance.
La défense estime que cette situation soulève des interrogations sur le respect des garanties procédurales et du droit à une défense équitable. Elle parle d’une affaire à forte dimension politique et conteste fermement les accusations financières retenues contre l’ancien Premier ministre.
Ses avocats soutiennent notamment que les montants mis en cause auraient été utilisés dans le cadre d’opérations administratives et de programmes publics, tout en affirmant que plusieurs dépenses restent justifiables.
Une demande d’évacuation sanitaire maintenue
Par ailleurs, les conseils de l’ancien chef du gouvernement continuent de réclamer son évacuation vers un centre hospitalier étranger. Ils avancent que les structures médicales disponibles en Guinée ne disposeraient pas des équipements nécessaires pour assurer une prise en charge adaptée à son état de santé.
Pour rappel, Ibrahima Kassory Fofana est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux portant sur plusieurs milliards de francs guinéens liés à la gestion de fonds publics destinés à des programmes sociaux.
En première instance, il avait été condamné à cinq années d’emprisonnement, accompagnées d’importantes sanctions financières. Une décision actuellement contestée devant la juridiction d’appel.