La décision de la justice de mettre en liberté l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana continue de susciter des réactions. Quelques instants après l’annonce de cette décision par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), le procureur spécial Aly Touré a apporté des précisions sur les raisons ayant conduit le parquet à soutenir cette mesure.
Selon le magistrat, cette demande n’est pas un changement de position du parquet, mais plutôt une décision liée à la situation médicale de l’ancien chef du gouvernement. Depuis plusieurs mois, l’état de santé de Kassory Fofana s’est fortement dégradé, au point qu’il n’était plus en mesure de comparaître devant la juridiction. Hospitalisé depuis une longue période, il était placé sous surveillance médicale permanente.
Face à cette situation, le parquet a estimé qu’il était nécessaire de privilégier une approche humanitaire afin de permettre au prévenu de poursuivre ses soins dans de meilleures conditions. C’est dans ce contexte que la demande de mise en liberté a été formulée devant la Cour, laquelle a finalement accepté.
Un autre élément évoqué par le procureur spécial concerne le coût de la prise en charge médicale de l’ancien Premier ministre durant sa détention. D’après Aly Touré, l’État guinéen a engagé d’importantes ressources financières pour assurer les soins de Kassory Fofana, notamment dans un établissement médical privé. Le montant total des dépenses liées à ces traitements est estimé à plus de 15 milliards de francs guinéens.
Désormais libre, l’ancien Premier ministre devra lui-même assumer ses frais médicaux. Autrement dit, l’État ne prendra plus en charge ses soins, ce qui met fin à cette charge financière pour le trésor public.
Toutefois, cette mise en liberté ne signifie pas la fin des poursuites judiciaires engagées contre lui. Poursuivi pour détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, Ibrahima Kassory Fofana reste soumis au contrôle de la justice. Des restrictions ont été fixées dans le cadre de cette liberté, et tout manquement à ces mesures pourrait entraîner une révision de la décision.
Par ailleurs, le parquet assure que la procédure judiciaire se poursuivra normalement. La Cour prévoit de reprendre l’examen du dossier lors des prochaines audiences, et la présence ou l’absence du prévenu ne devrait pas empêcher la poursuite des débats.
Ainsi, la mise en liberté de l’ancien Premier ministre apparaît comme une mesure exceptionnelle dictée par des considérations sanitaires, tout en maintenant le cadre judiciaire de l’affaire.