CNT : tension vive entre Aboubacar Sidiki Cissé et Dansa Kourouma lors d’une séance plénière

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La plénière du mardi 31 mars, dédiée à l’adoption des volets recettes et dépenses de la Loi de finances initiale 2026, a été marquée par un incident qui a fortement perturbé les échanges au sein du Conseil National de la Transition (CNT).
Au cœur de cet épisode, un face-à-face tendu entre le conseiller Aboubacar Sidiki Cissé et le président de l’institution, Dansa Kourouma, sur fond de désaccord quant à l’orientation des interventions.
En présence du Premier ministre Bah Oury, le conseiller Cissé a entamé son allocution par des propos laudateurs, mettant en avant le parcours et l’engagement politique du chef du gouvernement, qu’il dit avoir admiré par le passé.
Mais au fil de son intervention, et malgré les rappels à l’ordre du président de séance, il a poursuivi en élargissant son propos à des considérations politiques plus générales, estimant ne pas s’éloigner du sujet. Il a notamment évoqué le rôle joué par le Premier ministre dans certaines périodes marquantes de la vie nationale, tout en insistant sur le lien entre gouvernance et vitalité démocratique.
La situation s’est envenimée lorsqu’il a abordé la question de l’espace politique, évoquant la dissolution de plusieurs formations. Des propos qui ont immédiatement provoqué l’agacement du président du CNT.
Face à ce qu’il considérait comme un dépassement du cadre des débats, Dansa Kourouma a tenté d’interrompre l’orateur, avant que les échanges ne dégénèrent en confrontation verbale. Le ton est alors monté entre les deux hommes, chacun campant sur sa position.
La séance a pris une tournure encore plus tendue lorsque le président du CNT a ordonné l’expulsion du conseiller. Ce dernier, loin de se taire, a répondu avec fermeté, accentuant le climat de crispation dans l’hémicycle. Il a finalement été contraint de quitter la salle sous instruction du président de séance.
Dans ses explications, Dansa Kourouma a invoqué le respect du règlement intérieur, affirmant qu’il lui revient de suspendre toute prise de parole jugée non conforme au cadre fixé. Il a également mis en garde les autres intervenants contre tout manquement aux règles établies.
Cet incident met en évidence les tensions persistantes qui animent les travaux du CNT, dans un contexte politique où les débats restent particulièrement sensibles.