Amadou Diouldé Diallo sort du silence : “Sekouba Konaté doit se taire, sinon je parlerai !”

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Le ton monte dans le paysage politico-historique guinéen. Le journaliste-historien Amadou Diouldé Diallo vient de briser le silence face aux récentes déclarations du Général Sékouba Konaté, ancien président de la transition. Dans une mise au point au vitriol, l’ancien détenu politique prévient : “Sékouba Konaté ferait mieux de se taire, sinon je parlerai, et l’histoire retiendra autrement le rôle de chacun.”
Selon Amadou Diouldé Diallo, il fut témoin oculaire d’une conversation téléphonique cruciale tenue dans la nuit du 24 décembre 2008, soit deux jours après la prise du pouvoir par le CNDD, entre Sékouba Konaté et un “grand ethno” de sa communauté. Le sujet de cet échange, affirme-t-il, portait sur le choix du Capitaine Moussa Dadis Camara pour diriger la junte militaire.
“Si je parle, Dadis pourrait être acquitté par le tribunal de l’histoire, et Konaté porterait une grande part de responsabilité historique dans bien des événements douloureux survenus sous le CNDD, et même avant, sous Lansana Conté”, écrit-il.
Le journaliste va plus loin, évoquant une rencontre privée à Paris avec le Général Konaté : “Il m’avait invité à couper le jeûne chez lui, en banlieue parisienne, contre un article qu’il sollicitait sur sa personne. C’est lui-même qui m’a raccompagné à la gare TER, après m’avoir remis 500 euros. Ce jour-là, il m’a longuement parlé de ses rancunes envers le Général Nouhou Thiam, qu’il accusait de n’avoir pas exécuté un plan qu’il avait monté.”
“Sekouba Konaté n’est pas ce qu’il prétend”
Amadou Diouldé Diallo déclare avoir encore en mémoire leur long entretien, durant lequel, selon lui, “El Tigre” aurait fait plusieurs aveux compromettants. “Non, ne vous trompez pas. Sékouba Konaté est loin d’être ce qu’il prétend.”
Le journaliste, qui annonce la publication prochaine d’un livre sur son arrestation et sa détention à la Maison centrale de Conakry (27 février – 19 mai 2021), promet de révéler davantage sur le rôle du Général Konaté “dans un contexte élargi”
.“Les raisons historiques et sociologiques de ma détention y figurent en bonne place. Les implications de Konaté aussi”, assure-t-il.
“Un Général ne parle pas, il commande”
Dans une sortie au style métaphorique et cinglant, Amadou Diouldé Diallo conclut par une leçon d’éthique militaire :
“Le Général Lansana Conté ne parlait pas, le Général Mamadi Doumbouya ne parle pas. Mais Sékouba Konaté, semble-t-il, a perdu sa tigritude au profit d’effluves langagières dépressives.”
Et de conclure avec une pique proverbiale : “Quand tu danses avec un aveugle, il faut le piétiner de temps en temps pour qu’il sache qu’il n’est pas seul sur la piste.”
Le message est clair : si Sékouba Konaté persiste dans ses révélations, Amadou Diouldé Diallo promet de lever le voile sur des vérités que l’histoire n’a pas encore entendues.