Alors que le peuple guinéen attend toujours une sortie officielle du vainqueur de l’élection présidentielle du 28 décembre, Mamadi Doumbouya, le silence du président élu continue de susciter inquiétudes et interrogations. Un mutisme pesant, d’autant plus remarqué qu’il intervient à quelques jours d’une investiture annoncée pour le 17 janvier 2026 au Stade Général Lansana Conté de Nongo.
Ces derniers jours, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux est venue brouiller davantage les cartes. Présentée par certains comme une adresse du président élu à la nation, cette séquence suscite pourtant de sérieux doutes. Aucune source officielle ne l’a authentifiée, aucun canal institutionnel ne l’a reprise, et aucune confirmation n’est venue du cercle présidentiel. Pour de nombreux observateurs, il ne s’agirait ni d’un message formel ni d’une déclaration répondant aux exigences d’une adresse à la nation.
Cette ambiguïté renforce le malaise. Dans un contexte politique sensible, où chaque mot, chaque geste du président élu est scruté, l’absence de communication claire laisse place aux interprétations, aux rumeurs et aux spéculations.Pour une partie de l’opinion, cette vidéo ne saurait se substituer à une parole officielle, solennelle et assumée, telle qu’attendue d’un chef d’État élu.
Pendant ce temps, l’attente populaire demeure intacte. Les Guinéens espèrent un message fort, un discours de rassemblement, une vision clairement exprimée pour l’avenir de la Cinquième République. Ils attendent des engagements précis, un cap lisible et des garanties sur la gouvernance à venir.
Malgré ces incertitudes, le calendrier institutionnel, lui, reste inchangé. L’investiture de Mamadi Doumbouya est bel et bien prévue pour le 17 janvier 2026. Une date qui devrait, en principe, mettre fin au silence et lever les zones d’ombre.
En attendant, une question persiste : pourquoi ce silence prolongé ? Et surtout, pourquoi laisser une vidéo non authentifiée occuper l’espace public à la place d’une communication officielle ? À défaut de parole claire, le doute s’installe. Or, dans une démocratie en construction, le doute est souvent le premier ennemi de la confiance.