“La Guinée, oui… la prison, non” : Cellou Dalein Diallo explique son choix

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CONAKRY / PARIS – En exil politique depuis plusieurs mois, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, durcit le ton contre la gestion du pays par le général Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis plus de quatre ans. Estimant que le contexte actuel ne lui garantit ni sécurité ni liberté d’action, l’ancien Premier ministre affirme avoir choisi de poursuivre son combat démocratique hors des frontières guinéennes.
Invité ce mercredi sur le plateau du Journal Afrique de TV5 Monde, l’opposant a longuement justifié son absence du territoire national. Selon lui, la Guinée traverse une période marquée par l’effritement de l’État de droit et l’absence d’une justice indépendante.
« En Guinée, la justice n’existe plus. Ceux qui s’opposent au pouvoir en place ou remettent en cause ses intentions se retrouvent soit victimes de disparitions forcées, soit morts dans des circonstances jamais élucidées », a-t-il dénoncé. Pour Cellou Dalein Diallo, un retour au pays équivaudrait à un arrêt brutal de son engagement politique. « Si je rentre, je finirai soit en prison, soit au cimetière », a-t-il affirmé.
À la question de savoir s’il redoute une arrestation en cas de retour, le leader de l’UFDG a tenu à préciser sa position. « Il ne s’agit pas de peur, mais d’un choix stratégique. Je veux continuer la lutte que je mène depuis des décennies pour une Guinée démocratique, gouvernée par le droit », a-t-il expliqué, estimant qu’une telle démarche est impossible sous l’actuelle transition.
Il accuse les autorités de ne tolérer aucune voix discordante et de vouloir neutraliser toute forme de contre-pouvoir. « Dès le début, ils ont cherché à marginaliser l’UFDG, pourtant solidement implantée et organisée, et à m’écarter du jeu politique », soutient-il.
Selon Cellou Dalein Diallo, son maintien à l’étranger lui permet aujourd’hui de s’exprimer librement et de dénoncer ce qu’il considère comme une « mise en scène électorale » assimilable à « un second coup de force contre la Guinée ». « Si j’étais resté au pays, je n’aurais sans doute pas eu l’occasion de continuer ce combat, ni même de m’exprimer sur des médias internationaux », a-t-il conclu.